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Programmation 2016 / 2017

1er trimestre
L’Impossible Monsieur Bébé

Réalisation : Howard Hawks – USA, 1938, 1h42 – VOST N&B

Interprétation : Cary Grant, Katharine Hepburn, Charles Ruggles

Paléontologue réservé à la vie rangée, David Huxley est sur le point d’épouser sa secrétaire, la scrupuleuse Alice. Mais dans sa quête d’une subvention d’un million de dollars à même de sauver son muséum d’histoire naturelle, David fait la rencontre d’une riche héritière un brin fantasque, Susan Vance. A la recherche d’un os de brontosaure disparu, à la poursuite d’un léopard fugitif (Monsieur Bébé), David et Susan vont surmonter leurs natures antagonistes pour apprendre à se connaître.

« L’Impossible Monsieur Bébé, l’une des screwball comedies les plus célèbres et exemplaires de l’âge d’or du cinéma hollywoodien, est d’abord une véritable tornade qui emporte littéralement le spectateur. Le timide paléontologue David Huxley (Cary Grant) tombe un beau jour sur une jeune héritière fantasque, Susan Vance (Katharine Hepburn) qui s’entiche de lui et l’entraîne, à la poursuite d’un léopard dans un tourbillon de péripéties farfelues. Si le film répond au canevas conventionnel de la comédie romantique – un homme et une femme que tout oppose vont apprendre à s’aimer – il s’en distingue par une absence totale de sentimentalisme. Le cinéaste Howard Hawks, qui fut toute sa vie un habitué des circuits de course automobile, lui préfère une mécanique de récit rutilante et implacable, taillée dans une écriture classique des plus limpides. Celle-ci peut parfois donner l’impression de rouler sur du vent, tant les motifs qui l’animent paraissent désinvoltes. Mais un élan superbe, non content de débiter une mitraille de gags irrésistibles, accompagne les personnages, pauvres pantins tiraillés par un désir indicible, sur la voie de l’émancipation. Cernés par une troupe d’animaux goguenards – deux léopards, un chien et un squelette de brontosaure – ceux-ci apprendront à faire confiance à leur instinct. »

Mathieu Macheret

Livret maître
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2ème trimestre
Les Combattants

Réalisation : Thomas Cailley – France, 2014, 1h38

Interprétation : Adèle Haenel, Kévin Azaïs, Brigitte Roüan

Arnaud Labrède, qui vient d’enterrer son père, se prépare à passer l’été en compagnie de son frère et de sa mère pour travailler dans l’entreprise familiale. C’est alors qu’il croise le chemin de Madeleine Beaulieu, jeune femme entière, au caractère souvent déconcertant. Arnaud est immédiatement séduit par Madeleine, convaincue que l’humanité va à sa perte, et bien décidée à organiser sa propre survie. C’est pour cela qu’elle s’est inscrite à un cours de préparation militaire. Et c’est par amour qu’Arnaud, bien moins préparé qu’elle, va la suivre…

« (…) Kévin Azaïs, inconnu au bataillon, est parfait en gaillard gauche à la virilité contrariée, tandis qu’Adèle Haenel, dans un registre hawksien (dominante, rusée, sensuelle), s’affirme tranquillement comme l’une des actrices françaises qui comptent le plus aujourd’hui. L’inversion des genres sexuels opérée ici se double d’un jeu sur les genres cinématographiques, que Cailley manie avec insolence. Dans un pays où l’assignation est la règle (une place pour chaque chose et chaque chose à sa place), faire se succéder librement comédie romantique, chronique provinciale, film d’aventure et film d’apocalypse, envoyer valdinguer les identités prédéfinies, et offrir à ses personnages la possibilité de choisir leur place, a quelque chose de profondément réjouissant. Débordant de désirs, Les Combattants s’affirme comme un phénoménal cri de rage, qui, à n’en pas douter, va porter loin et longtemps. »

Les Inrocks – Jacky Goldberg

Fiche maître et documents pédagogiques à venir...

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3ème trimestre
Sans toit ni loi

Réalisation : Agnès Varda – France, 1985, 1h45

Interprétation : Sandrine Bonnaire, Macha Méril, Stéphane Freiss

Une jeune fille est trouvée morte de froid : c’est un fait d’hiver. Que pouvait-on savoir d’elle et comment ont réagi ceux qui ont croisé sa route, cet hiver-là, dans le Midi ? Une platonologue qui la prend en stop et qui l’écoute, un berger philosophe qui l’affronte, un ouvrier tunisien très pauvre et généreux, une domestique jalouse, un garagiste qui la méprise, une vieille dame très riche avec qui elle se saoule et d’autres qui parlent d’elle… tous nous révèlent un peu de ce qu’ils ont compris de cette vagabonde, mais la renvoient à sa solitude et à son errance. Ni frileuse, ni bavarde, elle tient le coup, se fout de tout et de tout le monde. Sa vie c’est marcher, lutter pour sa survie contre le froid et la faim. C’est le froid qui la vaincra.

« Dans Sans toit ni loi, on voit bien que la place du cinéaste ne confère aucun privilège particulier et certainement pas celui d’en savoir plus sur les personnages qu’eux-mêmes (la cinéaste ne prend que ce qu’on veut bien lui donner, c’est une glaneuse). C’est donc assez logiquement que le film se construit comme un puzzle, et c’est à partir des témoignages fictifs des personnes qui ont croisé Mona dans ses derniers moments, plus ou moins longuement, que Varda reconstitue le parcours de la jeune fille, de façon morcelée, sans colmater les manques, sans conclure à tout prix sur l’ultime vérité de Mona dont le mystère subsiste. En quelque sorte, c’est comme si Varda filmait la préparation de son propre film, en conservant la partie de recherche documentaire qui est trop souvent oblitérée (la fiction veut souvent être plus réelle que la réalité) : chacun parle de Mona en son nom propre, raconte sa vérité dans son histoire, y projette sans doute aussi ses désirs, ses rêves et ses peurs. Chacun s’affirme ainsi de façon singulière, sans ânonner son rôle de représentant d’une classe sociale et ne parle pour personne d’autre que pour lui-même, il peut alors échapper à sa condition (sa condition sociale mais aussi à sa condition de personnage) et exister en dehors de toute lecture sociologique. »

Critikat - Sara Ri

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